
LE SANG DES HOMMES
vous trouverez les épisodes 1 a 8 sur les deux articles qui se suivent
au coeur de la jungle
23 heures 45 le ventilo au plafond tourne dans un vol interminable.
il fait 40° ,la chaleur moite de la nuit, engourdie les esprits,
le rhum coule sur le comptoir, les conversations parlent d’or,
Les clients riches ou pauvres n’ont que ce mot la à la bouche : oro
ils sont tous ici, perdus dans ce trou pour la même raison,
ils cherchent tous leurs eldorado, portes de sortie pour les uns
route vers la fortune pour les autres
ou encore quelques rares rêveurs fous venus pour l’aventure.
minuit il fait toujours 40° et je bois mon 5ème rhum, les glaçons pleurent
de chaleur dans le verre,
Je croise les bras et embrasse la salle d’un regard, la musique
craché par les haut-parleurs dégueule en flot son rythme merdique
d’un son bien nasillard qui t'esquinte les oreilles.
Je rêve de prendre une douche dans une vraie salle de bain , de me raser ,
De prendre le temps d’enfiler des fringues sèches et sortir me taper un ciné.
Balader dans une vraie ville , ne plus voir un arbre , faut être con quand même !!
Mais j’en peu plus du vert , de la jungle ,des arbres , des bestioles
Rêver de se laisser tombé dans une douche chaude,
Affaler tout au fond du bac de douche mon corps meurtri par cette
sueur qui ronge comme la morsure d'un acide, ma peau ne trouve jamais le repos entre la fournaise et les assauts des insectes qui sont plus gros que dans mes pires cauchemars et je ne parle même pas de leur toxicité presque létale.
Sentir bon le savon, sentir la mousse couler le long de mes bras, de mon dos, de mes jambes, la sentir couler sur ma tête comme une pluie salvatrice, une pluie qui te fait oublier
Ne plus avoir cette odeur omniprésente sur moi, ne plus sentir du tout.
Peut être que j’arriverais à décrocher mon billet de retour, un retour vers l’enfer bétonné
Vers les lumières de la ville,
Ici tout marche avec des groupes électrogènes, pas de centrale nucléaire dans cet enfer vert,
la moindre ampoule est assortie du bruit plus ou moins proche d’un moteur, quel panard pour profiter du silence nocturne.
Ce n’est pas l’endroit pour une retraite peinarde, les singes hurleurs ne restent pas trop prés des hommes même sur leur propre territoire, les oiseaux sont la mais planqués dans les arbres, je suis sur qu’ils se marrent du spectacle qu’on leur offre.
Le soir je suis souvent à la pulpéria, c’est le bistrot du coin, mais y a pas d’jaja ni de bon bordeaux
Il n’y a que du raide, les glaçons c’est quand le groupe électrogène est neuf et qu’il marche bien.
La flotte oubli c’est un conseil si tu veux vivre un peu plus vieux et ne pas crever de dysenterie derrière un buisson, évite l’eau comme la peste.
Quand tu pousse les portes de la pulpéria ….c’est l’ouverture vers une certaine aventure.
Monté de bric et de broc avec des matériaux volé la plus part du temps, avec quelques objets bizarres qui ferait hurler de plaisir un vieux brocanteur, j’ai même trouvé un jour une malle Vuiton qui servait de bac a glace.
Les tables sont rondes, parfois carré ou bancale avec un pied attaché au fil de fer
Moi je m’en fou j’ai ma table réservé
le vernis de ma table est sinistre,
brûlé par l’alcool et le manque de propreté,
percé par les pointes de couteaux, ma table crie son agonie mais c’est ma table
Que du grand confort et du standing point de vue hôtellerie!
Ce soir je suis crevé, naze, à plat, il faut dire que c’était une journée d’enfer, d’enfer vert avec en prime les pieds dans l’eau et dire qui y en a qui paye pour ça.
J’ai baté toute la journée en cherchant quelques grammes d’or, pour faire se rapprocher de moi ce retour vers la vraie vie.
J’ai poussé les portes de cette putain de pulpéria plus tôt dans la soirée,
comme d’habitude je me pose à ma table …personne n’ose s’asseoir à cette table …..faut dire que la dernière baston dans ce gouge, qui appartient au petit chef mafieu du coin , « Roberto qu’il s’appelle »
Me donne un certain statut …..Trois galimpéros au tapis dont un armé d’un vieux flingue, que j’ai gardé en souvenir d’ailleurs, depuis je suis le gars à ne pas emmerder ici, surtout que j’en ai laissé un la main plantée par mon poignard sur la table et j’ai bu mon rhum en le regardant souffrir le martyre, la bouche deformé par un rictus de douleurs j’ai savouré mon verre dans le silence de cette salle ou les 25 paires d’yeux étaient tournés vers moi…attendant la suite.
J’ai décroché mon poignard de la main de ce pauvre gars et je l’ai fini d’un coup de genoux dans la tronche, pas très élégant mais très efficace ici pour se faire respecter des autres malfrats ou voleurs d’or.
Vaut mieux asseoir un réputation très vite si tu ne veux pas te retrouver flottant dans l’oyapuk.
Ici on flingue pour pas grand chose , quelques gramme de métal jaune et tu te retrouve vite au paradis .
Je m’installe donc à ma table et commande un rhum, je dis a Roberto de me laisser la bouteille
Et j’attaque à boire, il est 1heure 30 du matin et il fait toujours 40°.
Flap, flap, flap, flap fait le ventilo au plafond avec ses pales tordu et remplis de chiures de mouche et de liquide collé par les verres qui partent en l’air quelques fois .
L’air est bien alourdi par la fumé des cigares et il est à couper au couteau, il fait chaud mais dans la mesure ou tu transpire 24 heures sur 24 tu t’en fou.
Quelques verres plus tard je change de place je me colle au comptoir devant le seul endroit propre du zinc qui est la pompe à bière, tout prés des putes qui sont maqués par le patron de ce haut lieu des nuits amazoniennes, puis je demande à la belle
Banitéo si elle veut bien finir la nuit avec moi ………….le patron me regarde et me dit
D’un signe de tête que je peu embarquer sa belle, ok je te paye demain fut ma réponse en hochant la tête également.
Je sors de ce repaire pour aventurier fou avec une belle de nuit et traversons la centaine de mètres qui nous qui sépare ce lieu infâme de ma chambre plus au moins infâme elle aussi
On arrive main dans la main devant l’hôtel, on monte, les escalier grincent , je lui ouvre la porte de la chambre, un peu de galanterie et de tendresse
ne peu pas faire de mal a une jolie fille comme elle.
J’ouvre les draps fait fuir les bestioles et pose sa tête doucement sur l’oreiller, je l’embrasse
La nuit promet d’être longue et douce.
Banitéo est là, allongée sur le lit, je l’ai déposé avec la délicatesse d’une caresse .
Son parfum de vanille m’enivre les sens, cette fille magnifique est un écrin de beauté au milieu de cette jungle puante.
la belle sur mon lit a une couleur de peau bronze , ses cheveux noirs sont de jais, ses yeux en amande
sont sombres comme une nuit profonde, ça bouche si délicate reste entrouverte comme pour laisser échapper un soupir .
Je la regarde là allongée sur le lit, je n’ai pas envie de la toucher tout suite, je veux la regarder, la dévorer des yeux me remplir les rétines de ses formes douces, retarder l’instant où je sentirai sa peau contre la mienne .
C’est un peu une oasis de beauté au milieu de cette chambre sinistre aux murs blafard.
Je m’allonge prés d‘elle, passe ma main dans ses cheveux, puis descends lentement vers son cou, je m’attarde sur ses épaules, l’embrasse dans le cou longuement et je sens son parfum m’enivrer de plus en plus, comme une fleur maléfique qui m’attire toujours plus prés.
Mes mains ne se gênent plus, elles passent et repassent sur ce corps de bronze nu, laissant monter en moi un désir de plus en plus fort, « putain je suis vivant »
me hurle mon esprit.
Banitéo soupire, gémit, griffe les draps de ses doigts longs et fins et dans un râle de sa voix rauque laisse échapper un « pégar ma corpo » alors je lui donne ce qu’elle demande dans la douceur, la tendresse, je tiens sa tête entre mes mains tout en plongeant dans ses yeux si profonds afin de m’y perdre quand arrive le paroxysme de cet instant.
Dégoulinant de sueur, je reste allongé tout contre elle, en me disant que je ne sais pas grand chose d'elle .
Cette étreinte forte et douce à la fois nous a épuisés elle et moi.
Je regarde le plafond prend une cigarette entre mes doigts et joue avec avant de l’allumer.
Un petit air arrive enfin par la fenêtre il doit être 4h00 du mat, ce petit courant d’air délicieux sur nos corps transpirant est
comme un soulagement, sa peau réagis à ce petit air, le bout de seins deviennent arrogant dans cette fraîcheur matinale, je la regarde encore perdu dans mes pensées, elle me rappelle quelqu’un,
une femme que j’ai laissée dans un port en France, il y a bien longtemps maintenant.
c'est incroyable comme cette fille m'attire , comme un aimant .
Aller dort Banitéo, ferme tes yeux repose-toi, ton patron ne te fera pas travailler aujourd’hui, je te garde prés de moi pour la journée, repose-toi oublie cet enfer et rêve ma belle.
Il est 8 heures.
Banitéo ouvre les yeux et prend un air inquiet , je la rassure d’un sourire et pose ma main sur sa bouche en lui disant dors « dors ma belle, repose toi ».
Et sans plus tarder j’enfile un froc, une chemise et glisse mon poignard dans ma ceinture.
Je dévale les marches grinçantes de l’hôtel et traverse juste en face pour aller voir Roberto , le patron de la pulpéria et accessoirement le maquereau de la belle Banitéo .
Je pousse la porte de son rade, pas grand monde de ces heures !
Je m’assois face à Roberto et plante mes yeux dans les siens avec un gros avantage sur lui ………… moi j’ai dormi un peu quand même donc je suis plus lucide que ce vieux renard.
Et la conversation commence devant un café noir qui te transformerait un estomac normal en baudruche percée tellement son café est raide…………….je me demande s’il le fait pas à la gnole son café ? .
Bon, Roberto, la petite Banitéo, t’arrête de la faire bosser lui dis-je ,
Ça va pas ? une petite gagneuse comme ça ?… Hors de question ou alors, si tu la veux, va falloir lâcher beaucoup me dit il de son air de patron tout en gonflant la poitrine, avec sa chemise grade d’une nuit de beuverie.
Ecoute Roberto, tu lâches la gamine, je te paye 500 dollars semaine en compensation et tu ferme ta grande gueule, tu te crois où ? perdu dans ton trou encerclé par la jungle, tu te crois à Saint Denis ?
Ecoute, me répond Roberto, t’es personne ici. Moi je dirige tout et tout le monde alors la petite c’est 10 000 dollars cash sinon tu dégages d’ici n’oublie pas que t’es qu’un gringo étranger ici , même si tout le monde a peur de toi .
… bon c’est comme tu veux Roberto, tu ne me laisses pas le choix dis-je en plantant mon regard dans ses petits yeux porcins avides de billets verts, c’est à ce moment la que j’ai monté ma lame juste sous son œil gauche .
Il tremblait le Roberto, il a rien vu venir, je lui ai dit : écoute ma lame fait 25 centimètres il m’en faut à peine deux et demi pour toucher ton cerveau en passant par ton œil gauche , c’est pas un œil que je te crève là, c’est ta vie que je prend d’un coup de lame, je te troue la tête .
Un long, très long silence s’installe….. la sueur coule de son front ,de ses bras, de ses mains agrippées au comptoir, ses phalanges deviennent blanches tellement il s’agrippe, j’ai l’impression que ses jambes vont se dérober sous lui et qu’il va pisser dans son froc.
Tu es fou, arrête gringo gémit-il, regarde, prends ma caisse, il y la recette de la soirée d’hier …il y a plein d’argent prends , prends ….dit-il tremblant de trouille .
Je lui répond que son pognon je m’en tape, je veux la petite, elle mérite mieux que de travailler comme pute dans son gouge , mais surtout et ça je le garde pour moi elle mérite surtout une autre vie que celle là, dans cette merde, un vie normale pour un jeune et jolie fille comme elle ………….putain voilà que je joue les Samaritains maintenant .
Alors Roberto, je l’enfonce ce poignard dans ton œil ? Tout en augmentant la pression sous son bel œil qui perdait de son éclat…, je crois que c’est à ce moment qu’il a pissé dans son froc et qu’il s’est mis à trembler .
La terreur se lisait comme une affiche sur un mur, la panique, le désespoir, tout passait par son regard.
Je n’ai pas vu son frère arriver derrière moi c’est justement dans les yeux de Roberto que j’ai vu un truc bouger.
J’ai à peine eu le temps d’esquiver d’un petit déplacement latéral , la batte de base-ball qui arrivait comme une masse, crac fit le bras droit de Roberto sous l’impact .
Juste le temps pour moi de changer mon couteau de main et le frangin repartait à l’attaque .
Malgré son bras en compote le Roberto criait comme un goret : tue-le , tue ce fils de pute, j’esquivais les coups de batte les uns après les autres, quand ce crétin de Roberto a sorti son calibre de dessous le comptoir ,un bon gros 44 magnum tout argenté avec un crosse de nacre. Oh mon pote, mauvaise limonade pour toi me suis je dit …
Mon esprit travaillait vite, très vite, les réflexes conditionnés reprenaient le dessus et me laissaient agir rapidement : sois mobile, pose tes pieds, assure ta position , écarte les jambes , des petits trucs qui revenaient à mon esprit comme des flashs.
Un roulé boulé et un coup de latte dans les couilles du frangin ça stoppe bien la pluie de batte de base-ball, surtout que j’y ais mis le compte et la force comme un drop de coupe du monde.
Par contre l’autre avec son calibre ….c’est pas bon du tout .
Le temps qu’il monte son arme de son bras gauche je bascule sur un pied , prends appui sur le comptoir et balance ma jambe de toute mes forces, emportant les verres, le bras de Roberto et le calibre, dans un fracas de verre brisé .
Etant déjà presque de l’autre côté je bascule entièrement derrière le comptoir, et finis d’un coup de genoux dans le sternum de ce pauvre connard de Roberto.
Je récupère son flingue et le glisse sous ma chemise dans ma ceinture.
Je me lève, choppe un fond de rhum qui avait échappé au carnage, j’ai même pas eu le temps de porter la bouteille à la bouche quand un pluie de plomb s’est abattue tout autour de moi.
Putain de merde c’est quoi encore ça ?
Tout en plongeant derrière le comptoir, je prenais le flingue sous ma chemise et armais le chien rapidement , les vieux réflexes ne s’oublient pas on dirait .
Des insultes fusent de partout, des coups de feux ……..ok ça doit être les petits potes de Roberto qui ont du entendre tout ce bordel et sont venus a la rescousse …c’est bien ma veine.
Merde si je veux sortir de là sur mes jambes, j’ai pas trente six solution .
Alors ok les gars si c’est ça que vous voulez vous aller être servis.
Je balance une bouteille trouvée au sol et hop un wagon de coup de feux suivent le bruit de la bouteille ,
C’est bien les gars, je sais où vous êtes maintenant, ni une, ni deux, pas le temps de trop réfléchir dans ces cas là.
Je sais où ils sont, j’ajuste mon tir et hop un coup dans la rotule pour le premier, qui se met a crier comme un damné sous la douleur, le second tire un coup de son fusil de chasse , il n’a pas eu le temps de tirer le deuxième, il c'est retrouvé avec un pruneau dans la cafetière ….hééé merde je viens de devenir un meurtrier, mais j’avoue que ça m’a à peine effleuré l’esprit vu dans la situation où j’suis !!
Roberto se lève complètement sonné, le souffle court et se met à hurler comme un demeuré il fait deux pas derrière le comptoir quand il reçoit une décharge de plomb en pleine poitrine, flingué par ses propres copains…mais c’est ce qui m’a permis de voir où étaient les trois derniers .
Calmement je regarde mon flingue, pose ma respiration , prends mes repaires dans l’espace, je me lève et fait mouche d'une balle puis j’enchaîne deux pas à gauche et retire et encore, un de ces connards se retrouve avec un genoux en moins, je sors du comptoir, pose un genoux à terre ajuste ma mire et tire une dernière fois dans le cœur du mec qui barrait la porte d’entrée, désolé mon gars c’était pas ton jour. tire et
Plus un mec debout dans cette tôle mis à part moi et le frangin de Roberto qui est coincé sous une table les deux mains entre les jambes certainement en train de prier santa anna d’avoir encore les couilles entières….
Il me reste un balle, je recharge rapidement avec des balles trouvés
sous le comptoire ,je replace le flingue dans mon froc sous ma chemise et dégage d’ici fissa tout en embarquant le contenu de la caisse et les deux boites de balles sous le comptoir
.
Je fonce à l’hôtel, monte les escaliers quatre à quatre, rentre dans la chambre : Banitéo qui a entendu les coups de feux a un regard paniquée.
Je la regarde et lui dit calmement : habille toi vite, on file d’ici ! Ne cherchant pas à comprendre la belle enfile sa robe
Et sans que je n’ai dit rien de plus, elle ouvre les tiroirs de la commode et les vide dans deux sacs trouvé sous le lit ,toute mes affaires avec une vitesse incroyable…futée et rapide la môme en plus, je récupère un autre flingue piqué dans une bagarre antérieure et j’aide Banitéo à finir les sacs .
On se tire discrètos pendant que la populace est partie voir à la pulpéria ce qui se passait
Et en sortant par derrière l’hôtel, un tilt se fait dans ma tête :
la jeep du patron de l’hôtel
outre le fait que je ne paye pas ma chambre en me cassant à l'anglaise
je lui pique sa jeep….bah me dis je : je ne suis plus a ça près .
la sorti du village se fait à vitesse grand V , remarque que c’est pas les feux rouge qui se bousculent ici c’est plutôt les flaques de boue et les mec qui marche au milieu de la piste,
et nous voilà roulant en trombe sur la seule piste qui est roulante dans cette jungle .
la belle n’a pas peur elle me souris ,me dis quelle est content de partir avec moi
et me demande pourquoi je l’ai embarqué avec moi…. ?
La sortie du village s’est faite sans encombre mis à part quelques poulets écrasés et je ne parle là que de gallinacés.
Nous attaquons la piste au taquet, la Jeep grince, rebondit, gémit de tous ses boulons et pièces, il est vrai que j’écrase l’accélérateur et roule comme un demeuré pour mettre le plus de distance possible entre nous et la clique de furieux de la pulpéria.
A l’heure qu’il est le reste de la bande doit être au parfum du carnage dans la tôle de Roberto, donc il ne fait pas bon traîner dans le secteur, je tente le sud, j’y trouverai encore quelques vielles relations à qui je peux faire confiance.
Banitéo est assise a coté de moi malgré le stress et le speed ambiants elle a une de ses mains posée sur ma cuisse et elle passe son regard de la route à moi sans rien dire mais avec un petit sourire au coin des lèvres , ce qui lui donne un petit air moqueur que j’adore chez elle.
Je me dis que je suis fou, c’est après l’action que ma tête se fout a gamberger à 100 à l’heure, c’est certainement pas le moment d’avoir des regrets, ce qui est fait est fait , je suis un assassin , un meurtrier j’ai dézingué au moins trois mecs et bien éclaté 3 autres ………….formidable !! j’suis dans une de ses merde moi .
De toute façon c’est pas la peine de revenir dessus et puis les yeux de Banitéo valent bien qu’on enlève la vie à une bande de petit malfrats, non ?
Je me concentre sur la piste qui devient de plus en plus chaotique, c’est une vraie course il ne nous manque plus que les numéros sur la bagnole et les casques sur la tête.
Furtivement je jette œil sur les rétros de temps en temps , au cas ou !!.
D’ornière boueuse , en ornière détrempée la Jeep part d’un coté puis de l’autre, je lutte avec le volant et la boite de vitesse changeant de vitesse à chaque ralentissement , la boue gicle de partout, la bagnole change de couleur au fur et a mesure qu’on avance à ce train d’enfer on roule encore comme ça durant 4 heures sur une piste totalement défoncée puis au détour d’une piste moins empruntée au vue des traces sur le sol je coupe dans un petit virage direct dans la jungle .
Je m’enfonce d’une vingtaine de mètres dans ce mur vert, je coupe le contact et rapidement je saute de la voiture , saisi un
coup-coup et tranche quelques belles branches, lianes et autres feuilles de gros gabarit pour camoufler l’entrée de ce passage fait avec la Jeep.
je file rapidement sur la piste effacer avec quelques branches faisant office de balais et je balance quelques pelle de terre dessus , ni vue ni connue les traces de pneus.
Durant cette occupation bien jardinière exécuter à vitesse grand V
Banitéo camoufle la Jeep et nous prépare un abri de fortune avec quelques branches et de grandes feuilles « cette petit est douée et intelligente, elle pige vite et je la trouve d’une efficacité redoutable »
Merde j’suis vraiment accro à cette môme, moi qui me la suis toujours joué solitaire, me voilà parti tel Bonnie and Clyde avec une belle eurasienne ………..
Bon c’est pas tout ça mais il va falloir se poser un peu dans tout ça, manger, se reposer et faire le point .
Notre petite planque bien à l’abris des regards est sympa dans le style camping sauvage on fait pas mieux , je file un coup d'oeil au jerrican de la Jeep quand j’entend un bruit ,un craquement , comme un pied qui ecrase une branche ….. » merde » la môme plonge dans la bagnole prend le flingue et me le lance …..je réceptionne et me tiens près à toute éventualité,
Quand un homme de petite taille sort de la jungle devant nous son petit bout de tissus cache sexe rouge et son tee-shirt Nike jaune fluo sont d’une discrétion dans ce vert omniprésent
Je m’éclaire d’un sourire, c’est un indien Oyapuk il me sourit et me demande d’un geste de le suivre …….c’était pas vraiment prévu au programme ça , mais bon , pour l’instant, y a pas grand chose à faire de plus , on verra plus tard pour le repos ……
Banitéo choppe quelques affaires, le second flingue le pognon et les balles , décidément cette môme m’impressionne de plus en en plus.
Nous voilà partis derrière notre indien pas plus haut qu’un gosse de 12 ans avec sa sarbacane de deux mètres et son tee-shirt Nike .
Nous marchons durant deux heures pleines, traversons deux petit cours d’eau , notre guide ne cause pas des masses mais il sait ou il va et en franchissant un dernier rempart vert nous arrivons dans un village dans une petite clairière prés d’un coude d’un des bras du fleuve Amazone le village est fait de maisons sur pilotis,
l’accueil est chaleureux, nous nous retrouvons entouré d’une nuée de gosses, de femmes , de vieux hommes et nous sommes rapidement invités à boire un Guarana qui est un boisson ancestrale qui te
file une patate d’enfer tant au niveau musculaire qu’au niveau de l’esprit mélangé au miel et un peu d’eau c’est le capo ….un délice pour nos estomacs vides de tout durant des
heures .
Cette boisson nous donne aussi le plaisir de laisser tomber un peu nos réflexions intenses du moment , mais je ne sais toujours pas pourquoi nous sommes ici, on a suivi notre indien comme ça sans réfléchir ou alors c’est l’instinct , ma foi, pourquoi pas au point où nous en sommes !!
Banitéo se retrouve couverte de fleurs en collier d’un pourpre flamboyant qui éclaire son visage , les femmes de la tribu
l’entourent, lui donne à manger et à boire , elle me rassure en me disant d'un air très détendu qu'on est chez elle ...
je reste sur ce qu'elle viens de me dire , plein d'intérogations .
Pour ma part j’ai droit à la visite de ce qui me semble être le chef .
Un homme trapu à la peau bistrée comme un bonze vient vers moi : une stature droite, noble dans son attitude , la Rolex au poigné fait un peu tache dans cet enfer vert il s’assoit prés de moi et me parle dans un anglais parfait avec un léger accent d’Oxford, j’avoue que là c’est carrément une surprise pourtant, il semble ici chez lui …mystère ?
C’est yeux sont clair , il reflètent une intelligence bien aiguisé.
J’avoue que je vais de surprise en surprise depuis un moment , tout me paraît étrange d’un seul coup, et rien ne me semble être fait au hasard ou alors je commence à être bouffé par la paranoïa ?
Il m’offre à manger et à boire et me parle de lui et son village , il était fils d’une dynastie d’armateurs dans la région du nord-est du Brésil , la région d’Angra dos Reis, région qui est composée de 365 îles et de deux mille plages pleines de beautés naturelles, sur la Côte Verde Fluminense, entre les États de São Paulo et de Rio de Janeiro, autrement dit un vrai paradis.
Angra dos Reis a été l’un des ports les plus importants du littoral fluminense. Il y avaient des navires marchands qui arrivaient, venus d’autres lieux du monde en plus de vaisseaux négriers avec des centaines d’esclaves pour suppléer la main-d’œuvre dans les plantations de café de la région.
Son arrière grand père m’explique-t-il, était négrier et quand il a été en âge de comprendre ce mot et de connaître l’histoire de sa fortune il a décidé de faire autre choses pour sa destinée.
il a préféré partir loin de ça, vivre en harmonie avec la nature , « sacrée force de caractère mon petit gars je me suis dis ».
Faut en avoir pour laisser tomber une vie toute tracée dans l’argent et la facilité et venir ici vivre.
Et puis d’un coup il plante ses yeux dans les miens , me prend les deux mains entre les siennes et me dit : « c’est bien ce que tu as fait, tu as mis Roberto et quelques un de ses chiens hors d'état de nuire »
Merde, comment il sait ça lui, on a fait quatre heure de route, et ça fait des plombes qu’on est ici dans le village mais quand même les nouvelles vont pas si vite ?
Je dois avoir un mine déconfite à cette annonce car il me rassure tout de suite.
« Ne t’inquiète pas, nous sommes de ton coté j’ai des informateurs dans le village »
Je nage en plein délire, ce gars-là, paumé au cœur de la jungle parle un anglais parfait, a des informateurs au village où j’étais, je ne sais plus quoi penser à cet instant .
Márcio (c’est son prénom ) me dit « tu peux rester le temps que tu veux ici avec Banitéo »
( voilà qu’il la connait aussi ......remarque elle me dit que c'est chez elle ? ) « tu es en sécurité, mes hommes vont cacher un peu mieux ta voiture, enfin ta voiture, celle que tu as volé à ce bandit Lucio le patron de l’hôtel ».
« Bon ben je pense que je ne peux rien te cacher Marcio !!
En effet Joan il n’est pas nécessaire de me cacher les choses, j’en sais beaucoup plus que ce que tu pourrais bien l’imaginer !! «
Mais qui est tu réellement Márcio ?
Tu le saura bientôt car je sais que je peu avoir entièrement confiance en toi, on en reparlera demain si tu le veux bien ? Ce soir repose toi bien avec ta belle Banitéo tu l’as bien mérité car tu as ôté à cette région une grosse épine !! »
( la suite juste en dessous )
© copyright Joan césario
tu ecris comme tu parles j'aime ça aussi
et je trouve que tu n'as pas besoin de trop decrire comme l'episode de la douche par ex " sentir bon le savon...qui te fait oublier.."
ça me fait penser à un film d'aventures style "comme un oiseau sur la branche" tu vois enfin ce style là, tout s'enchaine tres vite, j'aime.
je vais lire la suite ce soir, je te dirai aussi.
bonne semaine ! bisous !
A demain